Devoir de Conseil MOE

Devoir de conseil Maitrise d'oeuvreAu sujet du devoir de conseil Partant des dispositions de la norme NF P03-001, il est dit que l’entrepreneur doit faire en sorte de porter à connaissance du maître d’œuvre les inconvénients ou les malfaçons qui peuvent résulter des travaux sur le chantier. Dans la collecte des informations nécessaires à la bonne marche des travaux, le professionnel maitre d’oeuvre doit être très impliqué. Avec les évolutions techniques dans le domaine de la construction, on a tendance à vouloir plus de protection et de sécurité. C’est pour cela que l’on assiste à un développement des devoirs contractuels. Le devoir de conseil figure parmi les conditions de succès d’une opération. Cet article s’adresse à tous les acteurs de la construction concernés par le devoir de conseil : architectes, artisans, fournisseurs, maîtres d’œuvre, etc.

Ce que l’on entend par « devoir de conseil »

Le devoir de conseil est une obligation supportée par tout professionnel à l’égard de son client (le donneur d’ordre), mais également vis-à-vis des autres intervenants sur le chantier. C’est un devoir qui trouve sa source dans le contrat passé entre les parties, et elle doit être accomplie sans que ledit accord ne le mentionne ou le justifie.
Conceptualisé par diverses revues de jurisprudences, le devoir de conseil peut embrasser des domaines spécifiques, juridiques, réglementaires, mais dans les limites de sa mission. Ces domaines peuvent par exemple concerner l’état du terrain, les prescriptions d’urbanisme, la faisabilité de l’opération, les règles de l’art, les contraintes financières, etc.
On peut donc dire que l’obligation de conseil est un avis que le professionnel doit effectuer lorsqu’il se rend compte de l’existence d’un risque qui pourrait faire du tort au maître d’ouvrage. Le devoir de conseil peut être préventif ou correctif selon les circonstances qui se présentent. Il varie également selon le constructeur concerné et selon sa compétence et ses qualifications.

Le devoir d’information, une responsabilité contractuelle du maître d’œuvre

En sa qualité d’homme de l’art, le maître d’œuvre doit, durant une opération de construction fournir une obligation de conseil, même avant que le projet ne soit établi. À la réception, il conseille le donneur d’ordre à émettre des réserves si nécessaire. Dans ce cas, il doit le faire par écrit. L’entrepreneur principal, étant technicien doit déceler quelles sont les insuffisances de la conception tout en prévenant le maître d’ouvrage sur les dangers de la réalisation. L’architecte qui est un conseiller technique doit donner des explications concises à son client sur tous les aspects du projet après l’avoir étudié. Le maître d’œuvre doit tenir compte de tous les ordres donnés par son client. Le fournisseur de matériels doit conseiller son client sur le produit adapté à ses besoins et notamment sur les fonds à mobiliser pour l’achat des matériels.
En tant que professionnel, vous devez faire preuve de bon sens pour remplir convenablement votre devoir de conseil. Vous devez d’abord bien mesurer quels sont les risques présents sur le chantier. Il ne faut pas accepter de réaliser des travaux qui dépassent les limites de vos compétences. Expliquez bien et précisément au donneur d’ordre quels peuvent être les conséquences de ses choix, tout en lui mettant au courant des lacunes de sa commande, quitte à lui proposer les solutions adéquates. Si vous avez des remarques ou des observations, consignez-les par écrit, faites des comptes rendus de chantier via une lettre recommandée avec avis de réception. En cas de modifications qui s’avèrent utiles, faites les approuver par écrit. Les preuves écrites sont les meilleurs moyens pour prouver que vous avez bel et bien respecté votre devoir de conseil. En cas de nécessité, conseillez le client sur les litiges auxquels il devra faire face afin d’éviter les mauvaises surprises.
Le devoir de conseil est tout autant renforcé dans le cas de travaux sur existants. Les travaux envisagés doivent être renforcés pour tous les intervenants.

Les limites au devoir de conseil et exonération de la responsabilité

Le devoir de conseil est une obligation de résultat. Il s’impose au maître d’œuvre sur les besoins de son client qui désire réussir une opération. Mais malgré toute diligence sur les conseils qu’il fournit, le maître d’ouvrage n’est pas tenu de suivre les indications de son prestataire. Dans ce cas, il est responsable de ses choix en dégageant l’entrepreneur de toute responsabilité.
L’étendue de l’obligation de renseignement varie en fonction des bénéficiaires. Il ne faut pas oublier que le devoir de conseil peut être dû à plusieurs acteurs de la construction en même temps. Si tel est le cas, il est alors possible que cette obligation soit limitée dans certains cas :
– Le maître d’ouvrage a dissimulé certains aspects de la construction
– D’autres constructeurs se sont déjà chargés d’informer le donneur d’ordre sur le risque encouru
– Le propriétaire d’ouvrage manifeste son intention d’utiliser l’ouvrage à une fin, autre que celle prescrite par les autres constructeurs
– Malgré les réserves émises par l’entrepreneur principal, il impose des travaux inadaptés, et ceci en connaissance de cause
La faute du maître d’ouvrage va donc pouvoir dégager le professionnel de sa responsabilité.

La mise en cause de la responsabilité du maître d’œuvre

Lorsque l’on constate que vous avez manqué à votre obligation, votre responsabilité est mise en jeu d’office. Votre client vous met alors en cause. En effet, il est possible que vous fassiez l’objet d’une procédure à l’amiable ou d’une instance judiciaire. Dans tous les cas, il est recommandé de réagir dans l’immédiat. Il est mieux de se faire accompagner par un spécialiste ou encore d’une organisation professionnelle. Tous les documents utiles doivent leur être transmis.
La preuve du mauvais conseil doit émaner de celui qui s’en est plaint. Il y a lieu dans ce cas d’appliquer l’article 1315 du Code civil à ce sujet.
Le juge va analyser le comportement des parties, leurs diligences et leurs recherches d’informations nécessaires dans l’accomplissement du devoir de conseil. Il est toujours possible que l’on fasse recours à un expert pour que les causes extérieures soient prises en considération afin d’apprécier la responsabilité du maître d’œuvre.
La responsabilité contractuelle de droit commun pour manquement au devoir de conseil peut être évoquée dans un délai de 10 ans dès lors que la procédure de la réception a été entamée. Vous disposez donc de ce laps de temps en tant que donneur d’ordre pour assigner votre prestataire en justice.


Devoir de Conseil MOE modif: 2017-06-25T15:52:00+00:00 par CabinetVallois
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